ONDES
URBAINES

Ondes urbaines n°308 - 13/07/2021

Quels leviers d’attractivité pour les villes moyennes ?



Après la présentation par Jérôme Fourquet des résultats et principaux enseignements de la troisième édition du Baromètre des territoires Villes de France – ANCT – Banque des territoires attestant de l’attractivité des villes moyennes, une première table ronde était consacrée aux leviers d’attractivité de ces villes. Il s’agissait de faire état des atouts de celles-ci, à travers des partages d’initiatives et différents témoignages.
Gil Averous, maire de Châteauroux et président de la CA Châteauroux Métropole, a indiqué concentrer ses efforts sur l’accueil des nouveaux arrivants. L’Indre est un département qui reçoit en effet des populations en provenance de l’Ile-de-France. Pour « transformer l’essai », Gil Averous a souligné que l’accompagnement des familles consiste à faire du sur-mesure, notamment par un accompagnement personnalisé des arrivants (politique de gratuité, recherche d’emplois pour les conjoints par exemple).
Philippe Valletoux, maire de Fontainebleau, a pour sa part expliqué les enjeux d’un territoire connaissant une très forte poussée démographique (avec de plus en plus d’actifs en télétravail) à soixante kilomètres de Paris. Pour celui-ci, dans les villes moyennes, il faut à la fois être capable de faire face à la crise de la démographie qui va affecter les médecins dans les 10 ou 15 années, et être également attractif en matière d’enseignement supérieur.

 


Philippe Valletoux a souligné qu’avec la pénurie à venir des médecins, la télémédecine va connaître un boom dans les territoires touchés par la désertification médicale (5,5 % des actes en 2020 contre à peine 1% en 2019), et de ce point de vue, la crise sanitaire est devenue un accélérateur du changement des usages.
Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors et président de la CA du Grand Cahors, a estimé que son territoire a connu l’arrivée d’environ un millier d’habitants en plus lors du premier confinement de mars 2020, et que nombre de résidences secondaires se sont retrouvées occupées. Au-delà de la crise sanitaire, il a rappelé que les habitants ont la volonté de rester plus longtemps dans les espaces non-métropolitains. Pour cela, il est nécessaire d’anticiper le développement urbain, mais aussi de répondre aux besoins en matière de santé, d’emploi, de formations, et d’enseignement supérieur.
Olivier Brousse, Directeur stratégie et innovation du groupe Veolia, a indiqué que tous les territoires vont connaître des évolutions considérables dans la filière environnementale. Les bio-déchets, les plastiques (PET recyclé), les déchets électroniques, mais aussi les insectes pour l’alimentaire, vont contribuer à faire émerger de nouvelles filières, en matière de formations comme d’emplois. Tous les nouveaux flux de déchets vont ainsi contribuer à donner naissance à des emplois qualifiés dans les 5 à 10 années qui viennent.
Olivier Faron, Administrateur général du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), a rappellé la mise en place de l’opération Cœur de territoires, qui a aboutit à retenir une soixantaine de sites de formation et d’enseignement supérieur dans les villes moyennes. Il a indiqué que la montée en puissance des compétences et des formations proposées (en lien avec les besoins des entreprises) est fondamentale pour l’inclusion sociale et pour que les jeunes restent vivre dans les Villes de France. Tous ces effets d’agrégation et de croissance sont extrêmement importants.
Renaud Prouveur, Président Directeur Général de Spallian a souligné à nouveau la nécessité d’avoir une offre d’enseignement supérieure en adéquation avec les besoins des territoires. Même si certaines activités en télétravail sont possibles dans le secteur tertiaire, l’enjeu reste de délocaliser plus l’entreprise que le salarié dans les villes moyennes. L’analyse de données permises par l’open data est également une voie à explorer - à l’échelle de l’intercommunalité - pour déterminer l’employabilité, la formation, et l’offre de logement sur un terrioire, et répondre à ses besoins.

n°308

13 Juil 2021

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Directeur de la publication
Présidente : Caroline CAYEUX, sénateur-maire de Beauvais, présidente de la CA du Beauvaisis

Directeur délégué
Jean-François DEBAT, maire de Bourg-en-Bresse, président de la CA Bourg-en-Bresse Agglomération

Rédacteur en chef
Bastien Régnier

Rédaction
Céline Juteau, Armand Pinoteau, Jean-Sébastien Sauvourel,Adrian Philip

Secrétariat
Anissa Ghaidi