La réflexion engagée sur l’évolution de la carte des hippodromes et la réduction du nombre de réunions de courses par France Galop ne peut être menée sans les communes et intercommunalités concernées, c’est le message qui a été dernièrement porté par 81 parlementaires. S’il est nécessaire d’adapter le modèle économique de la filière hippique, les décisions envisagées doivent en effet reposer sur une concertation territoriale réelle, préalable et documentée.
Dans un courrier adressé à Villes de France le 18 septembre, qu’Ondes Urbaines a choisi de relayer, Jean-Pierre Vogel, sénateur de la Sarthe et président du groupe d’études Cheval du Sénat, et Géraldine Bannier, députée de la Mayenne et présidente du groupe d’études Cheval de l’Assemblée nationale, alertent sur les conséquences locales des projets portés par France Galop. Leur tribune, cosignée par 81 parlementaires — 28 députés et 53 sénateurs — appelle à une réforme construite avec les territoires, et non décidée à leur détriment.
Pour de nombreuses villes moyennes, l’hippodrome ne constitue pas un simple équipement sportif. Il représente souvent une emprise foncière majeure, un élément d’identité locale et un facteur d’activité économique, touristique, agricole et événementielle. Les collectivités ont, par ailleurs, fréquemment contribué à l’investissement, à la modernisation ou au fonctionnement de ces sites. Une baisse importante de l’activité, voire une suppression de réunions, peut donc avoir des répercussions directes sur l’aménagement urbain, la gestion patrimoniale et la stratégie d’attractivité du territoire.
Au-delà de leur dimension économique, les hippodromes régionaux sont des lieux de rassemblement populaire, portés par des professionnels, des bénévoles et l’ensemble de la filière équine. Leur fragilisation peut entraîner la perte de savoir-faire, d’infrastructures et d’investissements publics et privés constitués parfois depuis plusieurs décennies. Or, rappellent les signataires, un hippodrome qui disparaît ne se recrée pas aisément quelques années plus tard.
La demande formulée est claire : toute évolution significative de l’activité d’un hippodrome doit faire l’objet d’une concertation préalable avec la commune et l’intercommunalité concernées. Il ne s’agit pas de demander aux collectivités de financer artificiellement des activités qui ne seraient plus viables, mais de reconnaître que la carte des hippodromes relève aussi de l’aménagement du territoire.