Quelles sont, les actualités et les faits marquants du Groupe en France et à l’international en cette rentrée ?
L’activité est soutenue en France comme à l’international. L’été a été marqué par des lancements d’exploitation de réseaux dans un contexte de vagues de canicules. Je pense notamment à Vichy, dont le réseau transporte plus de 1,2 million de voyageurs par an, ainsi qu’au secteur Seine-Orly en Ile-de-France, comprenant 28 lignes de bus, certaines entrantes dans Paris, et le tramway T9. À Nantes notre filiale Cykleo se prépare à devenir l’opérateur des services vélo en libre-service. Et à Châteauroux, nous sommes en pleine préparation du lancement du premier service régulier de minibus autonome, intégré au réseau de transport. Sur un volet plus international, nous avons, entre autres, remporté l’exploitation du tramway de Dublin et l’accompagnement de nouveaux projets de grande vitesse, en Californie et Australie.
Les autres faits marquants de cette rentrée, c’est certainement la poursuite de la hausse du prix du carburant, avec un impact fort sur les choix de mobilité des Francçais.es. Et la mobilisation sociale, partie du mouvement lycéen, qui nous pousse à reconsidérer, en lien avec les collectivités et autorités, les plans de transport pour garantir la sécurité des voyageurs et de nos collaborateurs.
Quelles répercussions liées à la crise de l’énergie observez-vous dans le fonctionnement des réseaux urbains ?
La hausse et la volatilité des prix de l’énergie renforcent la pression sur les coûts d’exploitation, en particulier pour les réseaux qui reposent encore largement sur des véhicules thermiques.
Sur le plan opérationnel, deux données illustrent néanmoins l’enjeu pour les réseaux : Keolis exploite environ 16 000 bus et autocars en France, et un bus électrique à batterie coûte en moyenne 450 000 euros, avec des prix pouvant atteindre 600 000 euros selon le véhicule. La transition énergétique peut réduire l’exposition aux carburants, mais elle suppose des investissements importants et une planification adaptée aux capacités financières des collectivités. Les conséquences sur les tarifs et l’équilibre économique des réseaux ne sont toutefois pas uniformes : elles dépendent des contrats, des choix des autorités organisatrices et du niveau de fréquentation.
Concernant les comportements de mobilité, nous avons fait mener par l’observatoire Keoscopie une première enquête auprès d’un panel d’automobilistes de véhicules thermiques en France métropolitaine : 60% déclaraient alors avoir déjà renoncé à des déplacements du fait du niveau de prix du carburant ; et 1/3 utiliser d’avantage les transports en commun. Les éléments disponibles ne permettent pas d’attribuer précisément à la crise énergétique une évolution nationale récente de la fréquentation. En revanche nous devons absolument être au rendez-vous de ces nouveaux utilisateurs occasionnels. Car c’est en pratiquant que l’on peut être séduit et reconsidérer ses pratiques pour utiliser davantage les transports en commun par choix.
Les crises climatiques et énergétique vont-elles accélérer certains choix en matière de tarification, de renouvellement et d’électrification du parc roulant ?
Elles peuvent accélérer ces choix, mais elles ne les déterminent pas à elles seules. Les autorités organisatrices doivent concilier ambition de décarbonation, accessibilité du service, réponse aux attentes des usagers, respect de la règlementation et financement de l’exploitation.
Pour le renouvellement et l’électrification, le coût de l’énergie renforce l’intérêt de sortir progressivement du thermique :au niveau actuel de prix du carburant, le TCO des véhicules penche désormais en faveur de l’électrique ce qui devrait accélérer l’électrification du parc, notamment avec la bonification des CEE.
Keolis a déjà accéléré cette transformation : son parc français comptait 100 véhicules électriques en 2020 et en comptait plus de 1 000 en 2026. Aussi les dépôts font peau neuve, à l’instar de Rennes dont le dépôt de bus a été reconstruit pour accompagner la modernisation du réseau de transports en commun STAR. Conçu pour accueillir jusqu'à 180 bus électriques, son atelier de maintenance couvre 6 400 m² et accueille 1 360 m² de panneaux photovoltaïques en toiture. Ceux-ci produiront environ 300 MWh d’électricité par an, dont 80 % seront autoconsommés. À partir de 2029, les installations seront complétées par 1 200 m² d’ombrières solaires et 23 trackers photovoltaïques couvrant 2 565 m² au total. À l’échelle du Groupe, 39 % des investissements de 2025 ont été consacrés aux véhicules électriques, contre 25 % en 2024.
Sur le volet climatique, un travail d’adaptation des réseaux de transport aux fortes chaleurs est mené par l’ensemble des filiales, pour garantir aux voyageurs ainsi qu’à nos équipes, des conditions de déplacement et de travail satisfaisantes.